phamarcie vaccination
11
Déc

Emmanuel Cure : retour d’expérience de la vaccination en officine

Emmanuel Cure est pharmacien depuis juin 2015. Depuis 2 ans et demi, il travaille à la pharmacie Riboulleau-Jacquet de Podensac (33). Avec une moyenne de 350 clients par jour environ, cette pharmacie s’est spécialisée dans le matériel médical, la qualité et la micronutrition. Depuis 2017, la pharmacie participe à l’expérimentation de la vaccination grippale en officine. Retour d’expérience.

Pourquoi participer à l’expérimentation de vaccination grippale en officine ?

La première des motivations a été de diversifier les activités de l’officine. Cela permet de sortir un peu le pharmacien de son espace de vente auquel à mon goût il est un peu trop cantonné. Évidemment l’aspect financier pour l’officine est toujours à prendre en compte.

Quelles étaient les principales craintes avant l’expérimentation ?

La principale crainte était de gêner et de « se mettre à dos » les infirmier(e)s. Au début nous avons eu quelques remarques de leur part nous accusant de voler leur travail mais cela n’a pas duré.

Avez-vous dû faire des aménagements dans vos locaux ?

Nous avons utilisé notre salle d’orthopédie pour la vaccination en aménageant un petit meuble où nous avons installé tout le nécessaire pour la vaccination (désinfectant, SHA, gants, pansements, …).

Comment avez-vous communiqué auprès de vos patients ?

La première année, la communication était légère. Nous ne voulions pas promouvoir cette nouvelle mission pour ne pas « froisser » les autres professionnels de santé. Cependant, nous avons évidemment répondu favorablement aux demandes des patients lorsqu’ils souhaitaient se faire vacciner. Cette année, la communication est un peu plus ouverte. Nous proposons volontiers la vaccination à nos patients.

Qu’est-ce qui vous a semblé le plus difficile ?

Il n’y a pas eu de réelles difficultés. Peut-être simplement le fait de se libérer du temps au moment où le patient demande s’il peut être vacciné. En effet, l’intérêt de la vaccination en officine est de répondre à une demande de manière immédiate. Il arrive, si les personnes qui vaccinent ne sont pas là, de prendre un rendez-vous mais il faut l’éviter au maximum.

En 2 ans, quel est le bilan pour votre officine ?

L’année dernière, nous avons effectué 45 vaccinations et actuellement nous devons être à environ 135 vaccinations. Un bilan qui je pense sera multiplié par 3 à la fin de la campagne de vaccination 2018/2019.

Quels conseils pourriez-vous donner ?

Je n’ai pas spécialement de conseils à donner, à part de ne pas se poser de questions lors de l’acte vaccinal car il s’agit d’un geste assez simple. Si on a peur, le patient le ressent et n’aura pas confiance. Et le bouche-à-oreille peut aller vite aussi bien dans le bon que dans le mauvais sens ! D’un point de vue administratif, je conseille de faire le dossier à la fin de chaque vaccination et de bien tout enregistrer dans le dossier du patient sur le logiciel de la pharmacie.