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Contraception : quel accompagnement en officine ?

Contraception : quel accompagnement en officine ?

La contraception ne doit plus être une question de budget. À partir du 1er janvier 2022, la contraception sera gratuite pour toutes les jeunes femmes et ce jusqu’à 25 ans. Le pharmacien a lui aussi un rôle à jouer. Gayet-Métois Formation vous livre un nouvel article à l’occasion de la journée mondiale de la contraception. Utilité de cette journée contraception, et plus largement santé sexuelle, en passant par votre rôle auprès des femmes : nous dressons un panorama des questions de contraception en officine.

La journée mondiale de la contraception

La journée mondiale de la contraception a été créée en 2007. Elle est depuis célébrée chaque année le 26 septembre. En 2021, cette journée sera encore l’occasion d’informer et de sensibiliser notamment les jeunes filles sur la contraception. De nombreuses organisations internationales non gouvernementales, organisations gouvernementales, sociétés scientifiques et médicales impliquées dans la santé sexuelle et reproductive s’allient pour soutenir cette journée. Vous pouvez vous aussi en profiter pour mettre en place un point d’information exceptionnel, en ce jour, dans votre pharmacie. Mais votre rôle se joue bien au quotidien. Avant d’aborder votre rôle de pharmacien dans l’information, la délivrance de la contraception ou l’accompagnement des femmes, voici quelques repères.

Quelques dates clés de la contraception

  • La pilule contraceptive est mise au point par un endocrinologue américain Grégory Pincus, sur les propositions de 2 femmes, Margaret Sanger et Katharine McCormick et après la synthèse du 1er principe actif contraceptif par Luis Miramontes, chimiste mexicain dans les années 1950.
  • La légalisation de la contraception en France intervient en 1967, via la loi Neuwirth
  • En 1974, la Sécurité sociale rembourse désormais la pilule contraceptive.
  • En 1999, la pilule du lendemain est désormais disponible en pharmacie sans prescription.
  • Depuis 2001, les médecins peuvent prescrire une contraception aux mineures sans autorisation parentale.


Le cas de la délivrance de la contraception d’urgence

D’ailleurs, la délivrance de la contraception d’urgence, appelée pilule du lendemain, doit se faire dans de bonnes conditions, si possible dans un espace de confidentialité de l’officine et dans un climat de confiance.

Vous devez prendre le temps d’évaluer la situation, d’informer la patiente sur les modalités de la prise de cette contraception d’urgence, ses effets indésirables, et les cas particuliers de l’allaitement. Mais vous pouvez conseiller la patiente également sur la conduite à tenir pour la surveillance de l’arrivée d’une grossesse et comment protéger ses futurs rapports sexuels, … Vous pouvez consulter la synthèse de la HAS qui liste les recommandations de bonne pratique ici.

C’est aussi l’occasion d’aller plus loin en sensibilisant votre patiente sur les questions de santé sexuelle.

Sensibiliser sur les questions de santé sexuelle

Si au cours de l’entretien vous jugez qu’il y a eu un risque de contamination, invitez votre patiente à se faire dépister. Rappelez-lui que seul le préservatif protège également des infections sexuellement transmissibles. Profitez également de ce moment pour l’informer et lui conseiller un mode de contraception régulier.

Les différents modes de contraception : avec ou sans hormones ?

Si la pilule hormonale est la contraception la plus utilisée en France, ce n’est pas le cas partout dans le monde. À la suite du scandale de 2013, concernant les pilules contraceptives de 3ème et 4ème génération, les femmes sont aujourd’hui à la recherche de moyens de contraception alternatifs avec ou sans hormones. Au cours de la discussion, votre objectif est de découvrir quelles sont les barrières à lever dans leur cas ?

Au-delà de ce scandale récent, pourquoi certaines femmes sont-elles à la recherche d’une contraception sans hormones ? C’est souvent pour éviter les effets secondaires (acné, douleur mammaire, baisse de la libido, prise de poids, …) mais aussi pour éviter des risques de thrombose veineuse ou d’embolie pulmonaire chez des personnes ayant des antécédents familiaux. L’évaluation se fait alors dans ce cas précis au moment de la prescription.

Que ce soit avec ou sans hormones, vous allez délivrer différents modes de contraception : préservatif « masculin » ou « féminin », pilule oestro-progestative ou progestative, dispositif intra utérin (DIU), implant, patch, diaphragme, anneau vaginal, cape cervicale, spermicides, … L’enjeu pour vous est de rappeler pour chaque moyen contraceptif : les modalités d’administration, l’importance de l’observance et la conduite à tenir en cas d’oubli. Et toujours de rappeler que seul le préservatif préserve des infections sexuellement transmissibles. Vous devez aussi, comme tout autre traitement, détecter des contre-indications ou interactions médicamenteuses.

Conseiller un mode de contraception régulier

Votre rôle est d’informer la patiente sur les choix qui s’offrent à elle. L’objectif étant de lui donner les éléments pour qu’elle puisse répondre elle-même à la question « comment choisir ma contraception ? » et « comment ça marche ? ». Vous pouvez aussi déconstruire ses éventuelles idées reçues et répondre à ses questions : Est-ce que la contraception fait grossir ? Est-ce qu’elle fait maigrir ? Est-ce que ce mode de contraception arrête les règles ? Vous pouvez la rassurer sur l’aspect contraignant d’une pilule, d’autres moyens existent et sont à sa disposition. Vous pouvez aussi l’alerter sur les méthodes de contraception « naturelles » qui concernent 1 femme sur 10 en France et qui sont de plus en plus plébiscitées par les jeunes femmes. En effet, selon la Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale (FNCGM) elles auraient un taux d’échec compris entre 17% et 20%. Vous pouvez aussi orienter la patiente vers d’autres acteurs de santé qui pourront l’accompagner dans cette démarche.

Orienter vers d’autres professionnels de santé

Selon sa situation et ses envies, aiguillez votre interlocutrice vers les professionnels de santé qui pourront l’accompagner, l’informer ou lui prescrire une contraception. Que ce soit médecin généraliste, gynécologue, sage-femme ou encore planning familial (pour un souci de gratuité et d’anonymat), ces professionnels peuvent réaliser des consultations dédiées et proposer une prescription selon le souhait de la patiente.

D’autres ressources que vous pouvez conseiller

Pensez aux ressources que vous pouvez distribuer tels que brochures ou dépliants. Vous pouvez également proposer certains sites internet qui sont des mines d’informations très intéressantes sur toutes ces questions, par exemple : sur la sexualité, sur les infections sexuellement transmissibles (IST) ou sur le choix de sa contraception.

Se former pour mieux accompagner

Toute votre équipe se sent-elle à l’aise pour accompagner les patientes ? Si vous n’avez pas le temps de former votre équipe ou que vous ressentez vous-même le besoin de remettre à jour vos connaissances, nous avons une formation qui permet de conseiller les femmes à toutes les étapes de leur vie. Au sommaire : contraception, mais aussi parcours difficile vers la maternité ou encore ménopause. Concernant la partie qui nous intéresse aujourd’hui vous aborderez les mécanismes d’action, les avantages, les inconvénients ou les contre-indications des contraceptifs les plus couramment utilisés. Vous réviserez les pilules oestroprogestatives et microprogestatives, les dispositifs intra-utérins et la contraception d’urgence. Les activités interactives et ludiques viendront optimiser votre mémorisation.

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