Sevrage tabagique
10
Oct

Sevrage Tabagique : le point de vue de Sophie Quinio

Sophie Quinio a rejoint l’équipe des formateurs et va dispenser dès décembre une nouvelle formation sur le sevrage tabagique. Pendant la préparation de cette nouvelle formation DPC, nous lui avons posé quelques questions.

Quel est votre parcours ?

Après une première expérience professionnelle au sein du laboratoire Roche dans la gestion de projets et la veille sanitaire, je me suis orientée en officine pour m’investir dans le conseil aux patients. J’ai travaillé pendant 7 ans dans une pharmacie, notre objectif était d’individualiser nos conseils en développant les médecines naturelles. Pour cela, j’ai enrichi mes compétences purement pharmaceutiques par des formations de phytothérapie (DU de phytothérapie à Nantes), d’aromathérapie (formation avec D. Baudoux au Collège International d’aromathérapie) et micronutrition .

Comment avez-vous préparé la formation « Sevrage tabagique » ?

Depuis que j’ai commencé à préparer la formation sevrage tabagique, j’ai recherché tous les articles et revues sur le sujet. J’ai également eu l’opportunité de participer à plusieurs journées de formation présentielle destinées aux internes en médecine ainsi qu’aux professionnels de santé. Ces formations étaient dispensées par des tabacologues qui m’ont permis par la suite d’assister à leurs consultations de tabacologie. Ces dernières m’ont servi de support pour l’élaboration de l’entretien pharmaceutique que je présente dans la formation.

Pouvez-vous citer 2 choses que vous avez apprises en créant ce module ?

La première chose qui m’a interpellée est l’enjeu majeur que représente le sevrage tabagique. Les chiffres sur la mortalité liée au tabac sont effarants. Les conséquences du tabac entraînent 73 000 morts par an, soit l’équivalent d’un avion contenant 200 personnes qui s’écrase par jour. Ce chiffre est bien supérieur à la mortalité liée aux accidents de la route (3800 décès par an). C’est un enjeu considérable.

La deuxième chose qui m’a surprise est la méconnaissance des patients des moyens mis à leur disposition pour réussir leur sevrage tabagique. Les tabacologues doivent faire face à beaucoup d’idées reçues notamment sur les substituts nicotiniques. Beaucoup de patients pensent encore que le sevrage tabagique n’est qu’une question de motivation, or il existe une réelle dépendance. C’est en partant de ce constat que j’ai trouvé indispensable pour cette formation de recenser les idées reçues pour aider le pharmacien à répondre à ses patients.

Quel est le principal intérêt du sujet pour les pharmacies ?

Comme je le disais précédemment, le sevrage tabagique est un enjeu majeur de santé publique. Le gouvernement a intensifié ces dernières années la lutte anti-tabac avec des mesures qui concernent directement le pharmacien (augmentation du forfait de prise en charge des substituts nicotiniques, remboursement à 65% du champix et en mai 2018 la prise en charge à 65% comme un autre médicament de certains substituts nicotiniques). Les premiers résultats du baromètre santé 2017 montrent une augmentation du nombre de personnes souhaitant arrêter de fumer, ainsi qu’une augmentation du nombre de personnes ayant fait une tentative d’arrêt. De nombreux patients entrant dans nos pharmacies ont l’obligation (pour raisons médicales) ou le souhait de devenir non-fumeurs, à nous de les aider.

Quels conseils donneriez-vous à une pharmacie qui souhaite créer une différenciation grâce au sevrage tabagique ?

Il est important de savoir accompagner nos patients tout au long de leur parcours qui n’est pas un sprint mais un marathon. Nous devons être compétents dans toutes les étapes du sevrage tabagique. Il y a de nombreux conseils à apporter à nos patients qui ont besoin de plus qu’une boite de substituts nicotiniques. Nous pouvons les soutenir dans leur motivation, leur choix de traitement et dans la gestion des effets indésirables grâce à la phytothérapie et à la micronutrition. Quelques astuces que nous verrons en formation permettent de rendre le sevrage confortable. Stoppons l’idée reçue qu’un sevrage est toujours difficile…